Profil du Saint Marabout des Aït Hdidou :
Aucune source populaire
ou historique n'a pu préciser ni la date ou l'époque d'arrivée de cette personne
dans cette région, ni la vénération dont il a été l'objet par les populations
locales. Cependant, d'après les personnes âgées de la tribu des Aït Hdiddou, Sidi
Ahmed Oulmaghni descend d'une famille de la Dynastie Idrisside. Il est venu de
Laâyoun dans la région d'Oujda, au Maroc Oriental, et s'est installé au sein de
cette tribu. Pendant les périodes ou sévissait la sécheresse, les bergers sollicitaient
sa Baraka qui alimentait leurs troupeaux. La légende raconte que les chameaux
et les autres bêtes qui se reposent et passent la nuit à l'actuelle place du moussem
s'engraissent du jour au lendemain sans qu'il y ait d'herbe sur place. La mémoire
des Aït Hdiddou garde toujours l'histoire orale de ce saint dont le corps a été
retrouvé non décomposé suite à la découverte d'une lumière qui émanait de sa tombe,
et des lors les habitants se rassemblaient annuellement autour de sa tombe en
signe de reconnaissance à la Baraka de ce grand Saint.
Origine des
tribus des Aït Hdidou :
C'est au 17 ème siècle, sous le règne du sultan
My Ismaïl, que les Aït Hdiddou s'installèrent dans la haute vallée de l'Assif
Melloul à 2000m d'altitude. Ils arrivèrent dans un mouvement migratoire Sud/Nord
ou Est/Ouest et se distinguent de leurs voisins montagnards par le mode de vie
et la langue, vivant essentiellement de l'élevage et la pratique de l'agriculture
comme une activité secondaire. Les Aït Hdiddou s'opposent à leurs voisins berbères
qui sont totalement sédentarisés et qui vivent, avant tout, d'une agriculture
intensive aux techniques bien maîtrisées. Ils parlent également le TAMAZIGHT et
non TACHELHIT, comme dans tout le Haut Atlas Central, Oriental et le Moyen Atlas.Après
une période de lutte acharnée contre Aït Atta, les Aït Hdiddou, fraction de la
confédération des Aït Yafelman, purent enfin construire leur premier village :
AGOUDAL. A ce propos, il est important de noter que si les deux fractions des
Aït Hdiddou (Aït Yaazza et les Aït Brahim) ont su préserver intacte, leurs traditions
séculaires et élaborer entre elles un certain nombre de rapports sociaux, tels
les liens de la parenté par mariage, elles ont chacune, à sa manière, codifié
des rapports spécifiques avec le monde extérieur
Mariage des filles
chez les ait Hdidou au Maroc :

Fortes ressemblances et infimes différences marquent ainsi la symbolique sociale
chez ces deux fractions soeurs, qui forment la tribu des Aït Hdiddou. Cette opposition
entre ouverture et conservatisme se manifeste surtout et en particulier dans le
mariage. Ce qui nous amènera à parler du célèbre Moussem des fiançailles. Si les
Aït Brahim, sous l'influence du protectorat ont modifié les formes de leur mariage,
de collectif en individuel, les Aït Yaazza sont par contre restés fidèles à la
forme antérieure (mariage collectif). On pourrait s'étonner de cette persistance
chez la fraction que nous avons vue comme la moins conservatrice. Ce paradoxe
pourrait être imputé au besoin "historique" d'identification des Aït Yaazza au
sein de la grande famille des Aït Hdiddou. Le mariage collectif apparaît donc
comme un "vestige" des temps anciens du mode de vie agro-pastorale.Après une année
de labour et après les moissons et les cueillettes, la commémoration du Moussem
du Saint Marabout Sidi Ahmed Oulmaghni couronne une période dont elle annonce
l'achèvement et ouvre l'horizon d'un nouveau cycle que chacun se souhaite meilleur
que les précédents.Pour la tribu des Aït Hdiddou le Moussem d'Imilchil n'est pas
un simple événement c'est un rassemblement à triple vocation : commerciale, sociale
et religieuse.Sans nous attarder sur les détails, tout vivant, le moussem avec
ses divers quartiers est là. Au cours de cette même journée on a eu l'occasion
d'assister à la cérémonie des Fiançailles avec toutes sortes de formalités que
cela suppose. Cinq jours durant l'ahidous et des traditions ancestrales formeront
la trame de cette union. En effet, lors du premier jour, les envoyés du mari dits
"ISNAYEN" au nombre de 10 (5 hommes et 5 femmes) se tendant à la maison de la
mariée munies d'un trousseau modeste et de cadeaux de mariage entre autre un mouton
et une grande galette dite ABADIR que les ISNAYEN découpent sur les lieux de la
cérémonie en petits morceaux et distribuent aux assistants au mariage. Ils sont
accueillis chaleureusement par les invités de la mariée. Bientôt la grande cérémonie
du henné prend lieu. Un groupe de femmes entoure la mariée et entame le fameux
rituel du henné. Une femme âgée usant d'un flocon de laine imbibé de henné, marque
la mariée au niveau de quelques articulations en commençant par le côté droit
se servant d'un fil de laine en entrelacs, elle relie à la base des doigts des
deux mains de la mariée (IZELOUMEN) celle-ci est ensuite vêtue d'un habit blanc
du mari (AQUIDOUR).

Pour la coiffure, les cheveux de la mariée sont peignés et enroulés en forme saillante
appelée communément (ABOUY). Son visage est alors voilé d'un foulard en soie dit
TASBNIYETE et un collier en ambre dit LOUBAN est mis autour de son cou. Une couverture
simple dit IZAR est agrafé avec des fibules dit "TISOUGHNASSE". Une fois la mariée
chaussée de Babouches TIKOURBIYINE et embellie par quelques retouches esthétiques
le rituel du henné prend fin, vient ensuite l'étape de départ; le père de la mariée
invite sa fille à marcher sur la pan de sa cape (BURNOUS dit AZENAR) jusqu'à sa
monture : la mule qui la transportera à sa nouvelle demeure portera derrière la
mariée un petit garçon pendant qu'une vielle femme suit en tenant la mule par
sa queue. Le cortège accompagnateur protégé par les envoyés du mari doit vaincre
la résistance livrée par les habitants du Ksar d'origine de la mariée qui s'opposent
énergiquement à son départ. Arrivée à destination, le cortège fait le tour du
Ksar 3 fois en exhortant les saints locaux d'accorder leur bénédiction à la nouvelle
mariée, celle-ci accède enfin au domicile conjugal.En dernier lieu et avant de
devenir définitivement membre du foyer accueillant la mariée un petit enfant au
dos, un seau plein de dattes à la main se rend au point d'eau le plus reconnaissance
distribue le contenu de son seau qu'elle rempli d'eau avant de rentrer chez elle.
La mariée tient un agneau aux bras et toujours le petit garçon au dos tous sur
la mule jusqu'à sa nouvelle demeure.
Cérémonie du mariage des filles
berbères au Maroc:

Après le consentement des futurs époux, les familles procédant aux formalités
du mariage, c'est ainsi que les parents du jeune homme demandent la main de la
jeune fille désirée par leur fils. L'établissement de l'acte du mariage peut se
faire immédiatement, comme il peut être reporté jusqu'à la tenue du moussem.Le
jeune époux ou son tuteur offre une dote symbolique à sa future femme, alors que
le père de la fille se charge de l'achat de ses habits durant la 1ère année.Toute
la tribu manifeste sa joie en participant à la cérémonie du mariage, caractérisée
par les chants et danses pendant cinq jours de fête. Les invités peuvent se réjouirent
de toute sorte de plats de la cuisine des Aït Hdiddou, et particulièrement les
différentes sortes de pain que nous décrivions ultérieurement.